Anecdotes de vignes, histoires de vignerons
Au détour d’un chemin de pierres blanches, le long des chemins creux de Saint-Amour ou de Juliénas (déjà en Beaujolais !), les anciens vous raconteront comment le choix de la parcelle est un héritage, mais aussi un pari avec le relief. Ici, à Vergisson, une vieille vigne plantée en haut de pente donne, année après année, moins de raisin mais une concentration époustouflante, à tel point qu’un vigneron comparait, pince-sans-rire, sa vendange à “du lait condensé de Chardonnay”.
En période pluvieuse, l’eau s’écoule vers le bas des coteaux, noyant parfois les fonds de vallée… Les meilleures parcelles, on vous le dira dans les caves, sont celles qui côtoient la caillasse, résistent à la sécheresse et rient des caprices du temps. “Ici, la terre fait l’amour avec la pierre”, m’a confié une vigneronne du secteur de Milly-Lamartine, en évoquant ses vignes sur crête.
L’anecdote n’est pas isolée : lors des gelées catastrophiques du printemps 2021, les vignes en sommet de côte ont généralement mieux résisté — là encore, le relief joue le rôle de refuge. Cette relation si intime entre la topographie et la qualité du vin, c’est la clé du Mâconnais.